AFFAIRE HIBA THIAM: Le juge boucle son instruction

Quatre mois ont suffi au juge du 8ème cabinet d’instruction pour boucler son enquête dans l’affaire Hiba Thiam, cette ravissante dame qui a rendu l’âme dans un appartement aux Almadies, lors d’une soirée entre amis. Selon des sources proches du dossier, le magistrat instructeur a rendu les avis de clôture. La balle est désormais dans le camp du Procureur de la République.

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En mode fast-track, le juge Mamadou Seck, comme dans l’affaire Djidiack Diouf, n’a pas trainé les pieds, dans l’affaire Hiba Thiam. En effet, selon nos informations, le juge du 8e cabinet a bouclé son instruction. Les avis de clôture ont été envoyés aux avocats, même si certains soutiennent n’avoir pour le moment rien reçu. Et cela risque de créer quelques remous, car il nous revient que les conseils de Amadou Niane souhaitaient demander un non-lieu, dans les trois jours qui leur sont donnés par la loi pour faire des observations, avant que le juge ne transmette le dossier au Procureur pour règlement. Et, il semble qu’ils n’ont pas vu à temps l’avis.Et malheureusement pour eux, le délai de trois jours a expiré.

Les avocats de Dame Amar et Alya Bakhir déposent une demande de liberté provisoire

Du côté de la défense de Dame Amar et Alya Bakhir, des demandes de mise en liberté provisoire sont déposées sur la table du juge, malgré l’avis de clôture. «La demande de liberté provisoire peut être déposée à tout moment de la procédure et le juge est obligé de statuer là-dessus», martèle un de leurs conseils. Très en colère, la robe noire poursuit : «il y a des magistrats qui ne se gênent pas de violer les droits de certains détenus, parce qu’après avoir répondu à la demande de liberté provisoire, l’avocat du détenu dispose de six jours pour interjeter appel. Mais si le juge refuse la liberté et renvoie devant une juridiction de jugement, il prive théoriquement l’inculpé de son droit et ce n’est pas juste et c’est regrettable parce qu’un juge doit respecter les droits des inculpés. Et là, c’est une pratique de certains magistrats et la Chambre d’accusation, malheureusement, ne semble pas vouloir sanctionner ces pratiques de sorte qu’il y a des violations graves des droits de certains détenus par certains juges d’instruction, car le contrôle de la Chambre d’accusation ne s’exerce pas».
En avril dernier, en état d’urgence et en plein couvre-feu, Hiba Thiam a trouvé la mort aux Almadies dans un appartement loué par ses amis notamment Dame Amar et Cie, pour une petite soirée privée. Une soirée organisée en cachette puisqu’en cette période de pandémie, ce genre de rencontre était interdit et puni par la loi. Un agent de police du nom de Lamine Diédhiou avait facilité cette rencontre en conduisant discrètement à l’appartement certains participants, moyennant un certain montant. C’est tout au moins ce que révèle l’enquête. Selon toujours les résultats de l’enquête des gendarmes, des tests d’urine ont montré que certains participants ont fait usage de drogue dure. Dame Amar, le fils du défunt homme d’affaires Ameth Amar, Louty Bâ, Alya Bakhir, Jacqueline Fatima et Cie ainsi que Lamine Diédhiou seront tous arrêtés et inculpés pour association de malfaiteurs, usage de drogue, non-assistance à personne en danger et violation de la loi sur le couvre-feu. Selon le Procureur, dans son réquisitoire introductif, Dame Amar et ses amis n’ont pas assisté la défunte Hiba Thiam en lui apportant immédiatement le secours qu’il fallait pour lui éviter la mort. Tous ont été mis sous mandat de dépôt à l’exception de Louty Bâ, qui n’aurait pas pris de drogue et qui aurait apporté son soutien à la défunte avant que celle-ci ne rende l’âme. Amadou Niane, qui a été arrêté pour avoir reçu chez lui Dame Amar qui était recherché par les enquêteurs, sera aussi placé sous contrôle judiciaire.
Durant la phase d’instruction, chacun a essayé de tirer la couverture de son côté pour s’échapper des mailles de la justice. Les avocats de la défense ont tenté de contester l’usage de drogue en demandant une autre expertise sur l’urine, mais ils n’ont pas été suivis par le magistrat instructeur. Ce dernier est resté ferme et a refusé la liberté provisoire à tout le monde.
La balle est désormais dans le camp du Procureur qui doit faire son réquisitoire définitif.

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